Rencontre Littéraire avec Hakan Günday


Voir en ligne : Hakan Günday publié chez Galaade

Vendredi 22 avril, dans le cadre du festival du Printemps Balkanique, nous avons eu l’immense honneur de recevoir l’écrivain turc Hakan Günday, pour son roman Encore qui a obtenu le prestigieux prix Médicis Etranger, en 2015.
Six lycéens de 2nde et de 1ère, Cécile Dubreuil, Mathilde Lamolère, Coline Rivoal, Coline Saint Jours et Hugues Marie-Sosnowski avaient préparé cette rencontre et l’ont animée.

Hakan Günday, chaleureux et sympathique, très à l’aise dans sa maîtrise de la langue française, s’est montré particulièrement disert, visiblement heureux de partager sa vision du monde et de la littérature avec les élèves et les adultes présents au CDI.
Il a vivement encouragé les élèves à écrire car pour lui, c’est encore la meilleure façon de penser, d’avancer dans la connaissance de soi, d’effacer les préjugés et de ne pas avoir peur de l’autre. « Les mots sont des chiffres qui permettent de compter les pensées » a-t-il expliqué. Rien de mieux que de raconter une histoire, que de se mettre à son service et ainsi rester en éveil et travailler sa sensibilité, comme un muscle. La solitude de l’écrivain quand il écrit et la solitude du lecteur qui lit le roman leur permettent de se comprendre directement et profondément.
Dans le roman Encore, Hakan Günday s’est s’interrogé sur la nature de la relation entre le groupe et l’individu. La question des migrants a été son laboratoire de recherche : raconter la vie des gens qui manquent de tout, qui ne vivent qu’à moitié. Le rapport de forces entre les passeurs et les migrants est à l’image de toutes relations humaines, quand la violence devient l’outil de communication, qu’il n’y a plus que des dominants et des dominés.Pire que la violence elle-même, c’est la perte de repères dans l’échelle de la violence, c’est au bout du compte s’y habituer.
Fort heureusement, tout œuvre d’art permet de dialoguer...Le prochain roman d’Hakan Günday sera publié très prochainement !
Le CLE remercie vivement Laurent Porée, Camille Binelli et les bénévoles de l’association Balkans-Transit pour cette rencontre à la fois humaine et littéraire !

Anabelle Maguin