Prix KritiCLE 2018


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La sélection cette année était constituée des cinq romans :
- Point cardinal, Léonor de Recondo, SABINE WESPIESER (24/08/2017)
- Le jour d’avant, Sorj Chalandon, GRASSET (16/08/2017)
- Mon Gamin, Pascal Voisine, EDITIONS DE L’EPÉE (17/08/2017)
- La boiteuse, Françoise Grard, GULF STREAM EDITEUR (03/10/2016)
- Blue gold, Elisabeth Stewart, traduit par Jean-Luc Defromont, BAYARD JEUNESSE (15/02/2017)

Après des échanges intéressants, les élèves ont décerné le prix cette année à Mon gamin, de Pascal Voisine.
Les lectrices adultes du groupe Les Effeuilleurs, de la bibliothèque d’Hérouville ont attribué elles aussi leur prix à ce même roman.
Pascal Voisine nous fera l’amitié de venir rencontrer tous ces lecteurs le vendredi 1er juin.
Pour vous donner à vous aussi envie de lire ce roman, voici une critique écrite pendant l’atelier. Deux exemplaires du roman sont ou seront empruntables au CDI. Qu’on se le dire !

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Critique du roman Mon gamin de Pascal Voisine paru août 2017.
Ce premier roman nous plonge dans une aventure à première vue banale mais qui s’avère pleine de rebondissements.
Les thèmes abordés par le roman sont divers, l’amour, l’amitié, l’adolescence et la recherche de soi sans oublier la psychiatrie.
L’histoire est racontée par différents personnages qui sont Thierry Poivet, le héros de notre histoire (allias Marc Alder une fois adulte), Francis un handicapé mental et Richard un infirmier de l’hôpital. L’histoire se déroule sur plusieurs périodes, d’abord en 2017 avec Marc Alder (Thierry) et l’été 1977 qui changea la vie de Thierry. Les personnages principaux sont donc Thierry, Francis, Richard et Emelyne la belle-mère de Thierry. En 2017 l’enterrement de la belle-mère de Thierry la ramène dans son village d’enfance ou il va revivre sa jeunesse et replonger dans cet été 1977 qui a changé sa vie à jamais.

J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire pendant les 20 premières pages, je ne suis pas un grand fan des débuts lent mais je me suis laissé prendre au jeu petit à petit et arrivé au chapitre 6 quand Thierry commence à travailler à l’hôpital psychiatrique j’étais complètement rentré dedans, je pense que ce qui m’a le plus aidé c’est la relation très complice et poétique entre Thierry et Francis. Plus le récit avance et plus leur relation s’ouvre à nous, incompris des autres, entre les habitants du village qui conseillent à Thierry de ne pas fréquenter Francis ou des résidents de l’hôpital jaloux, pour autant rien ne semble pouvoir empêcher leur complicité, ils se disent tout, font tout ensemble et Francis appelle même Thierry « mon gamin » puisqu’il l’a vu naître et a fait partie des premiers à le prendre dans ses bras, cette relation est émotionnellement forte, elle touche le lecteur profondément et nous apprend une belle leçon sur l’acceptation et la différence.
Le deuxième point qui m’a vraiment fait accrocher est le développement de Thierry tout au long de l’histoire. On profite pleinement des différents changements de Thierry, du petit fils modèle à l’adolescent qui découvre l’amour, point de départ de son changement intérieur pour enfin passer à la partie la plus dure de son adolescence où il abandonne sa gentillesse, obsédé par l’amour qu’il porte à sa belle-mère.
C’est là qu’il va faire des choix regrettables au point d’en délaisser Francis.
Toute cette partie qui représente l’entrée dans la dernière phase du roman est magnifique et merveilleusement maitrisée.
Le style de l’auteur est très bon, malgré le fait qu’on change fréquemment de point de vue dans la narration mais surtout d’époque et de date, on sait toujours où l’on est, qui parle bref on ne perd pas le fil de la narration.
Si je devais mettre en avant un point que j’ai trouvé négatif, ce serait la manière dont est amené le sujet du sexe. Le roman parle beaucoup de sexe, ce qui est compréhensible dans la vie d’un jeune adolescent et je ne trouve pas ça dérangeant en revanche, ce qui m’a déçu c’est la manière très brutale, bestiale et crue avec laquelle le narrateur amène le sujet, la quasi-totalité des fois ou le roman parlait de sexe j’avais le sentiment que ça brisait le rythme doux, élégant et poétique des relations entre les personnages, même quand Thierry devient Marc Alder, donc une fois adulte il en parle de la même manière que lorsqu’il était adolescent.
Le passage le plus marquant et la meilleure partie je trouve reste le chapitre 23, le dernier chapitre du livre composé des 13 dernières pages. A couper le souffle, une fin brutale et douce qui suit la lignée du livre tout en offrant un enchainement d’émotions bouleversantes et insaisissables.

Léopold Vandeplas TL