SID Papier

On serait passé à côté de tout ça...


Cette année, le CLE fête ses 30 ans ! La SID ( Semaine Inter Disciplinaire ) Papier est donc l’occasion parfaite pour revenir sur les 30 ans de paperasse de l’établissement, mémoires indispensables de son passé. Mais où trouver ces vestiges ? Y aurait-il un lieu mystérieux et inconnu, dans lequel sont entreposés les souvenirs, les émotions, et les connaissances ? Oui, bien sûr ! Ce lieu existe, il s’agit des archives (ci-dessous).

JPEG - 87.2 ko

Nous entrons dans le cerveau du CLE. L’endroit n’est pas très accueillant. Petit, sombre, nauséabond et lugubre... Des montagnes de documents s’entassent sur les étagères. Les amas de dossiers croulent sous la poussière. La tâche est rude, mais, enfin, nous trouvons. Trois rangées de boîtes semblent commémorer 29 ans de SID.
La SID fut créée au cours de l’année scolaire 1983-1984. Durant deux jours seulement, cette première SID avait pour unique thème « Le Big-Bang ». L’année suivante, la durée fut allongée à cinq jours, et un thème fut proposé pour chaque cycle. La SID telle que nous la connaissons aujourd’hui était née.

Trente ans plus tard, nous interrogeons deux professeurs, vivant leur première SID. Selon Céli, professeur d’espagnol, ce qui est le plus intéressant c’est « l’échange entre collègues », différent de celui du cadre habituel. La relation avec les élèves permet elle aussi « plus d’échanges », et il est agréable de les voir évoluer « dans un autre milieu ». « Le travail collectif pour préparer la SID est sympa. » ajoute Dorothée, professeur de mathématiques, pour qui « le travail en groupe est plaisant ». Un bilan positif, donc, pour les nouveaux.

Mais que pense un vieux routard, un arbre millénaire, un père fondateur, le Mathusalem des enseignants du CLE, de la SID ? Enseignant depuis 27 ans déjà, il est le professeur ayant acquis le plus d’années d’expérience au sein de l’établissement. Pour Stéphane, professeur de musique, la SID, c’est devenu la routine. « Je vis moins la SID comme une expérience excitante. » avoue-t-il. Peut-être même qu’une « certaine lassitude » s’est installée.
Stéphane se questionne également sur la légitimité de la SID : « depuis l’instauration il y a trois ans du TDD [NDLR : Temps de Décloisonnement Disciplinaire], la présence de la SID est peut-être moins justifiée ». De son point de vue, cela entraîne « une surcharge de travail pour la préparation et l’organisation » des thèmes, temps qu’il préfèrerait mettre à profit pour « rénover le projet ».
Si aujourd’hui Stéphane est dubitatif, c’est avec émotion qu’il se remémore sa toute première SID : « La mer, voyage et aventure ». C’était en 1986. « Nous avions appris des chants de marin et travaillé sur des musiques en rapport avec le voyage, l’errance. » se réjouit-il. À l’époque, le professeur voyait cette semaine comme « l’occasion de travailler avec les collègues, en équipe » mais aussi une opportunité de « partager ses connaissances dans un cadre pédagogique ». Il s’agissait aussi de « se mettre en danger en sortant de sa discipline ».
 

Finalement, les points de vues des nouveaux enseignants ne s’accordent-ils pas avec celui des souvenirs des plus anciens ? Si nous n’avions pas eu cette semaine exceptionnelle, n’aurions-nous pas raté cette bonne ambiance, ce projet collectif, ces lectures bien souvent déjantées ainsi que ces cours décontractés et enrichissants ? Nous, les élèves, ressortons grandis de cette expérience qu’est la SID. Et il en est de même pour certainement tous les élèves depuis 29 ans, 29 années à travers lesquelles des sujets aussi variés qu’originaux ont émerveillé des milliers de petits et de grands.

Jean-Baptiste Lecesne, élève de 2nde 2